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Création de la tuilerie en 1692

Nous disposons de deux baux de trois ans pour l’exploitation de la tuilerie. Le premier, du 11 mai 1692, nous livre un renseignement important : « la thuillerye que ledit seigneur a fait construire au bois de la Cour cette présente année ». Nous disposons donc de l’année de fondation de la tuilerie. Le second est du 4 octobre de la même année 1692. Comment expliquer ces deux baux pour trois ans, à quelques mois d’intervalle ?

1ère hypothèse : le preneur du premier bail est décédé ou empêché pour raison de santé. Cette hypothèse ne tient pas puisque le premier bail a deux preneurs : il est difficile d’imaginer qu’ils soient décédés en même temps.
2ème hypothèse : il y avait à la Cour deux unités de production sur le même site. Chacun des baux serait alors valable pour l’une ou l’autre des unités. Cette hypothèse semble résoudre la difficulté mais si c’était le cas, on devrait trouver dans les deux textes une différenciation des sites, par exemple la tuilerie la plus grande, ou la plus proche du bois, … Or il n’en est rien. Cette hypothèse n’est donc pas convaincante.
3ème hypothèse : le premier bail a été dénoncé par l’une des parties. Cette hypothèse semble la plus séduisante. Mais notons qu’aucun acte connu à ce jour ne vient la confirmer. Il a bien dû exister un acte de rupture du bail … qu’on trouvera peut-être un jour. Mais peut-être que ce genre d’acte n’existait pas à l’époque ?

Enfin, notons que les conditions des deux baux sont très différentes. Pour le premier les marchandises produites sont partagées à moitié entre le preneur et le bailleur ; il s’agit donc d’un métayage où le bailleur apporte l’outil de production et le preneur le travail. Dans le second, le preneur doit fournir 20 000 tuiles par an ou l’équivalent en carreaux ou en briques ; on serait tenté d’en conclure que les 20 000 tuiles constituent la moitié de la production du site, : la tuilerie aurait alors produit 40 000 tuiles, c’est-à-dire de quoi couvrir un peu plus de 600 m² de toiture. Hélas ce calcul ne tient pas puisque le premier bail signale que le preneur aura 1 000 tuiles de plus que le bailleur, par cuisson … ce qui fausse les données et devient difficilement compréhensible.

Notons que le premier bail est beaucoup plus généreux pour le preneur puisque le bailleur assure la mise à disposition de prés, d’un tombereau, de deux chevaux et du bois nécessaire, tandis que le second n’évoque qu’un petit pré et que le bois nécessaire.

Espérons que la découverte de nouveaux baux permettra d’y voir plus clair …